dimanche 30 novembre
Le Bluesman du Dimanche
La hype du moment : MGMT ? Kings Of Leon ? ... non !
Juste un type qui a littéralement retourné La Cigale pendant le dernier festival des Inrocks, qui est premier du top 3 des révélations de l'année pendant cedit festival, qui a sorti un excellent disque "I Started Out With Nothin and i Still Got Most of it Left" signé chez Warner Records, qui a eu l'honneur de la Blogothèque et même des Black Cab Sessions ?
Et bien il s'agit d'un vieux barbu vadrouilleur s'appellant Seasick Steve ! 67 ans au compteur, une vie passée sur la route, une guitare brinqueballante, du blues old school comme on n'en écoutait dans les bas fonds dans le Sud des Etats Unis. Et pourtant, Steve a parcouru les scénes européennes (dont le festival de Reading), a collaboré avec Nick Cave et a reçu un award pour le meilleur nouveau venu par le MOJO ... un vrai ovni à découvrir absolument !
photo : Andy Hall
dimanche 21 octobre
Black Snake Moan - B.O
Excellent film. Les sons, les lumières, les décors, les personnages, les références au blues ("Black Snake Moan" est le titre d'un album de Blind Lemon Jefferson) ... trés 'down south' comme je l'aime.
A retrouver dans la Bande Originale, toute l'histoire du blues : d'un morceau acoustic tout simple comme 'Morning Train', à des morceaux trés électriques à la Jimi Hendrix ('Lord Have Mercy On Me') en passant par des passages du film et des leçons de blues du grand maître Son House. On y découvre aussi que Samuel L. Jackson aurait pu être un excellent bluesman avec deux morceaux d'anthologie interprétés dans le film : 'Alice Mae' et 'Stackolee' (ambiance comprise). La jeune génération est bien présente aussi avec l'un des meilleurs morceaux des Black Keys ('When The Lights Go Out').
Samuel L. Jackson - 'Stakolee'
vendredi 26 janvier
"Someday, baby you know you got to die / You got to lay down and ..."
Skip James - 'Crow Jane'
Je passe du coq à l'âne comme d'habitude. Autant la musique rock d'aujourd'hui est assez accesible, autant il me faut plus de recul et d'écoutes pour les artistes de blues.
En ce moment, découverte de Skip James (1902/1969) avec l'album "Today !" sorti en 1964 grâce au revival du blues ces années là (alors qu'il a commencé à enregistrer dès 1930). La voix de Skip James est tantôt chaude et envoutante ('Hard Time Killin' Floor Blues'), tantôt aigue et plaintive. La musique est souvent triste mais attachante et parfois plus entraînante ('Drunken Spree', 'I'm So Glad'). Quelques titres sont joués au piano dans un style trés jazz ('How Long Blues') mais l'essentiel de ces compositions sont jouées à la guitare acoustique par lui même, d'une manière heurtée. 'Crow Jane' est définitivement un coup de coeur même s'il a été dur de choisir une chanson pour cet article.
Un album à écouter calmement au coin du feu.
samedi 06 janvier
"High Water Everywhere"
Charley PATTON - 'High Water Everywhere'
Charley PATTON (1891/1934) n'était pas un guitariste extraordinnaire (il joue surtout la rythmique) mais il parait qu'il attirait le public grâce à sa personnalité. J'aurais aimé voir ça. De plus, je trouve qu'il est assez difficile de juger sa musique aujourd'hui puisque les enregistrements que j'ai écouté sont difficilement appréciables (craquements du disque, voix et guitares plutôt étouffés). Cependant, les spécialistes parlent de lui comme le fondateur du Delta Blues. L'unique photo connue de lui le montre assez jeune alors que sa voix est grave et profonde.
Ces principales chansons : 'Pony Blues', 'Banty Rooster Blues' mais la plus connue reste 'High Water Everywhere', une chanson ayant pour sujet les inondations du Mississippi de 1927. Elle est assez particulière car on y entend comme des lignes de basses frappées trés entrainantes. Bob Dylan a rendue hommage à Charley Patton en reprenant ce titre (mais la chanson est trés différente, trés country avec un banjo).
vendredi 29 décembre
"You'd better come on in my kitchen / Babe it going to be rainin outdoors "
Robert JOHNSON - 'Come on in My Kitchen'
Robert JOHNSON (1914 - 1938) est un bluesman du Delta. Il fait parti de la première génération de musiciens de blues rural (avec Charley PATTON et Son HOUSE). Selon la légende, il aurait vendu son âme au diable en échange de ses talents musicaux. Il enregistra entre 1936 et 37, dans un studio itinérant, une trentaine de morceaux qui ont été repris sur une compilation intitulée "The Complete Recordings" sortie en 1990, qui fût disque d'or et qui consacra définitivement le talent de Robert JOHNSON. L'écoute de cet album peut paraitre difficile au début (pas mal de craquements dûs au mauvais enregistrement, chansons lassives et répétitives). Cependant, l'émotion dégagée par sa voix et par ses textes l'emportent. Ces chansons évoquent souvent sa "rencontre" avec le diable ('Preachin the blues, Me and the devil' ...); parfois elles sont plus dynamiques ('They're Red Hot'). Mais la plupart du temps, il s'agit de bons vieux blues lancinants ('Come in my kitchen, Kindhearted Woman' ...).
Une autre anecdote raconte que Keith Richards, quand il écouta pour la première fois Robert JOHNSON, se demandait qui était le second guitariste sur l'enregistrement. Brian Jones (en tant que grand fan de blues) lui répond : "Personne, il joue tout seul !". Son jeu de guitare et ses compositions ont ainsi influencé de nombreux artistes comme Muddy WATERS et Elmore JAMES mais aussi plus récemment les Rolling Stones (qui ont repris ou plutôt massacré 'Love In Vain' ) et encore plus récemment les White Stripes (avec 'Stop Breaking Down' électrifiée mais parfaitement reconnaissable).

